La neuropédagogie avec Irène Duranleau

Neuropédagogie et dysphasie

Pourquoi tel enfant n’apprend pas comme les autres? Quand son enfant fait face à des difficultés scolaires importantes, on se demande toujours comment l’aider à saisir les notions. Avec la neuropédagogie, on comprend que l’apprentissage revêt différents styles. Dysphasie-Estrie s’est entretenu avec Irène Duranleau, Ph D en sciences de l’éducation, et vous explique comment la neuropédagogie peut vous aider à aider votre enfant.

Les principes de la neuropédagogie

D’abord, la neuropédagogie ne s’adresse pas spécifiquement aux enfants dysphasiques. C’est une pédagogie générale qui tient compte du fonctionnement cérébral. Elle part du principe que, pour apprendre, toute personne doit voir ses besoins primaires comblés. Par exemple, avant de pouvoir comprendre le principe des multiplications, on doit avoir mangé à sa faim, être bien reposé, se sentir en sécurité physiquement et émotionnellement. C’est en mettant en place les conditions favorisant ces besoins primaires, situés au niveau des deux premiers cerveaux, que l’on peut accéder au 3e cerveau, celui des apprentissages cognitifs.

Différentes façons d’apprendre

Neuropédagogie et dysphasieSi la neuropédagogie s’avère pertinente pour tous les apprenants, elle aide particulièrement ceux dont les modes d’apprentissage ne sont pas valorisés dans le système scolaire. Selon une typologie qu’elle a elle-même établie, à partir de plusieurs auteurs, Irène Duranleau décrit les cinq différents modes d’apprentissage qu’elle a pu observer lors de son travail dans les écoles. « On a habituellement deux ou trois modes d’apprentissage dominants, mais il est possible de développer les autres. En fait, c’est le but de la neuropédagogie : favoriser l’utilisation des cinq modes, pas à pas. » Lorsqu’on connait bien son profil ou celui des enfants auxquels on enseigne, l’acquisition de connaissances et de compétences s’effectue bien plus facilement.

Neuropédagogie et dysphasie

Avec les enfants dysphasiques, c’est le même principe. Il faut répondre à leurs besoins primaires, puis connaître leurs modes d’apprentissage. La dysphasie affecte leur cerveau gauche, responsable des fonctions cognitives, abstraites, verbales et séquentielles. Ainsi, rien ne sert d’y aller avec un enseignement traditionnel, souvent verbal et analytique. De façon générale, Irène Duranleau a plutôt observé que les enfants dysphasiques présentent souvent les styles visuo-imaginatif, kinesthésique et émotivo-relationnel. On s’assurera donc de bien créer le lien d’attachement afin de déconstruire leur insécurité face à l’apprentissage, leur « Je ne suis pas capable ». On n’exigera pas de trop grands efforts intellectuels au départ; on leur proposera plutôt une pédagogie ludique, des images, des symboles et des gestes.

La neuropédagogie dans les écoles

Neuropédagogie dans les écolesIrène Duranleau a eu l’occasion de fréquenter plusieurs écoles à l’échelle de la province pour y présenter la neuropédagogie. Si les écoles sont en majorité ouvertes à cette pédagogie innovante et aux différents types d’apprenants, il demeure difficile de l’implanter réellement dans les milieux. « Le plus exigeant, c’est le changement de pratiques », affirme madame Duranleau. « Ça peut prendre jusqu’à 3 ans avant d’avoir complètement intégré la neuropédagogie dans une classe. Entre temps, c’est facile de retourner aux anciennes pratiques. » Mais lorsqu’on a affaire à une direction d’école qui y croit ou à des mordus, on  constate à quel point la neuropédagogie bénéficie aux enfants.

La neuropédagogie propose des principes généraux pour adapter l’enseignement aux apprenants, pour que ceux-ci apprennent mieux. Pour mieux outiller les enfants vivant avec une dysphasie, Dysphasie-Estie a regroupé et développé des approches pédagogiques dont les principes de base rejoignent ceux de la neuropédagogie tout en tenant compte des défis spécifiques liés au handicap. C’est la mise en place de l’ensemble des approches dans tous les milieux  qui aidera ces enfants à se développer globalement et pleinement.

Pour en savoir davantage sur la neuropédagogie, sur les cinq modes d’apprentissage décrits, sur les stratégies d’intervention et sur les outils pour aider votre enfant, consultez les ouvrages de madame Duranleau! Elle vous propose de commencer avec le tome 7, un ouvrage bien vulgarisé et destiné aux parents.

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À propos de Irène Duranleau

Irène Duranleau et la neuropédagogieIrène Duranleau détient une maîtrise et un doctorat en sciences de l’éducation, en plus d’une maîtrise et d’un doctorat en littérature française. Elle a enseigné à tous les niveaux du système scolaire et a terminé sa carrière comme professeure en gestion de l’éducation et de la formation. Elle travaille désormais comme formatrice en neuropédagogie et en neuromanagement auprès de plusieurs écoles, commissions scolaires et organismes privés. En outre, elle est l’auteure de sept ouvrages sur la neuropédagogie et travaille actuellement à la rédaction d’un huitième tome.

 

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